À l’aube du XX siècle, la Lorraine viticole agonise. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de plus de 50 000 hectares avant 1870, on passe à 500 hectares à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, seuls quelques hectares survivent autour de Toul, Charmes-la-Côte ou Lucey, entretenus par des familles qui refusent d’abandonner complètement cette tradition. Les vignerons de l’époque, tels que les familles Baudouin ou Laroppe, maintiennent la flamme – parfois par pure obstination familiale, parfois en vendant en coopérative ou pour leur propre consommation.
Le véritable tournant s’opère après la création de l’Appellation d’Origine Contrôlée Côtes de Toul en 1998 : le vignoble lorrain renaît, nourri par la mémoire des anciens, mais animé par des ambitions nouvelles.