La Meurthe-et-Moselle a le sens de la tradition… et du sucre ! Certaines spécialités sont nées ici avant d’être copiées (parfois mal) ailleurs. D’autres gardent leur recette jalousement secrète. Penchons-nous sur ces pépites à offrir ou à garder pour soi.
Les Bergamotes de Nancy : un carré doré mondialement reconnu
Impossible de parler de la confiserie locale sans évoquer la célèbre Bergamote de Nancy. Cette petite pastille ambrée, au parfum unique, reçoit en 1996 une Indication Géographique Protégée (IGP) (INAO). Son secret ? Un subtil mélange d’essence naturelle de bergamote et de sucre cuit à feu nu, coulé sur un plan de marbre, puis découpé à la main.
| Année de création | Par qui ? | Quantité annuelle produite |
| 1850 environ | Jean-Frédéric Godefroy | Entre 20 et 30 tonnes (source : Syndicat) |
Une anecdote savoureuse : Gustave Flaubert aurait fait expédier des bergamotes à son éditeur parisien… en échange de livres ! Aujourd’hui, moins de cinq confiseurs perpétuent réellement la tradition à Nancy, dont la Maison des Sœurs Macarons et la Confiserie Lefèvre-Lemoine.
Le sucre d’orge de Nancy : la délicatesse caramélisée des Visitandines
Avant d’être un bonbon, le sucre d’orge fut un remède ! Au XVIIe siècle, les religieuses Visitandines de Nancy confectionnaient des bâtons translucides à partir d’orge mondé, d’eau de source et de sucre. Elles le vendaient pour apaiser les maux de gorge des enfants et des voyageurs. Il sera plus tard parfumé à la violette ou au citron.
- La forme traditionnelle : un bâton ou une tige torsadée, translucide et brillante.
- Le goût : note légère d’orge, saveur délicate presque vanillée.
- Il reste aujourd’hui une seule fabrique artisanale, la Confiserie Lefèvre-Lemoine (Nancy).
Les têtes de nègre de Lunéville : un classique qui évolue
Nostalgiques des vitrines des années 30 ? Les “têtes de nègre” de Lunéville ont traversé les générations, même si leur nom évolue aujourd’hui (souvent rebaptisées bouchons au chocolat ou têtes en chocolat pour plus de neutralité).
Il s’agit d’un disque de meringue plongeant dans un bain de chocolat noir, le tout posé sur une fine gaufrette. Des années 1930 à 1960, ces douceurs étaient la star des fêtes de famille. Aujourd’hui, plusieurs artisans les revisitent en ajoutant zeste d’orange ou éclats de noisette.
- La Confiserie Fresson, à Jœuf ou la Chocolaterie de Nancy, perpétuent cette tradition gourmande.
La mirabelle version confiserie : un goût de soleil à croquer
Symbole de toute la Lorraine, la mirabelle ne se déguste pas qu’en tarte ou en schnaps ! On la retrouve aussi en mirabelles confites (fruits glacés à cœur), en pâtes de fruits et en dragées parfumées à l’eau-de-vie. Ces spécialités sont le fief de confiseurs lorrains, notamment à Nancy (Maison Voisin, Pâtisserie Saint-Epvre).
- Environ 3 000 tonnes de mirabelles sont transformées chaque saison en Lorraine, dont une part dédiée à la confiserie (source : Interfel).
- Les pâtes de fruits de Saint-Nicolas-de-Port font rimer fruit, sucre et parfum naturel, loin des bonbons industriels.