Répondre au défi climatique
Les vignerons lorrains ne sont pas épargnés par les bouleversements climatiques : gel tardif, épisodes de sécheresse, orages de grêle. Le millésime 2021 fut marqué par de graves pertes (jusqu’à 80% dans certains secteurs de Moselle). Désormais, l’adaptation est le mot d’ordre :
-
Cépages plus résistants : Introduction de cépages historiques mais aussi de variétés résistantes comme le pinot gris pour le gris de Toul, ou de cépages oubliés (auxerrois, gamay) adaptés au réchauffement climatique.
-
Viticulture de précision : Utilisation de sondes météo, modèles de simulation pour anticiper les vagues de maladies (comme le mildiou ou l’oïdium) et interventions raisonnées. Les stations météo connectées se multiplient (cf. projet piloté par la Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle, 2022).
-
Replantation et gestion parcellaire fine : Les domaines, à Toul comme à Bulligny, expérimentent des parcelles-test, mieux orientées contre le froid et les vents, pour anticiper la viticulture de demain.
Passage au bio et pratique écoresponsable
La part des vignobles certifiés ou en conversion biologique ne cesse d’augmenter. En 2023, 28% du vignoble AOC Côtes de Toul est certifié bio ou en conversion (source : Interprofession des Vins de Lorraine). Les changements concrets :
- Arrêt quasi total du désherbage chimique
- Retour à la traction animale dans certains domaines (ex : Domaine Laroppe, Bruley)
- Utilisation de couverts végétaux pour préserver la biodiversité, limiter l’érosion et enrichir le sol naturellement
- Développement de la confusion sexuelle pour limiter les insectes ravageurs au lieu d’employer des insecticides
Le résultat ? Une meilleure rétention de l’eau dans les sols, le retour d’oiseaux et d’insectes pollinisateurs, et des vins qui, selon les dégustateurs, gagnent en pureté et en expression du terroir.