La Lorraine a connu la quasi-disparition de son vignoble après la crise du phylloxera et la Première Guerre mondiale, ne conservant qu’une poignée de crus grâce à quelques passionnés. Aujourd’hui, elle regagne du terrain grâce à l’AOC Côtes de Toul (environ 110 ha de vignes en production en 2023) et à la valorisation de son savoir-faire. Mais le climat agite la bouteille : certains spécialistes estiment que la Lorraine gagnera en potentiel qualitatif dans la décennie à venir, au détriment d’autres régions déjà trop chaudes comme la vallée du Rhône (source : OIV, Institut français de la vigne et du vin).
L’histoire des vins lorrains s’écrit donc en temps réel, entre risques calculés et joies de la découverte, avec toujours la même envie de faire parler la terre dans le verre. Qui aurait cru, il y a seulement trente ans, que le gris de Toul séduirait les grandes tables étoilées, ou que le Pinot noir lorrain tiendrait la dragée haute à certains Bourgognes lors de dégustations à l’aveugle ?